Un aller-retour pour faire visiter le bien, un état des lieux, une journée de ménage entre deux séjours, une assemblée générale de copropriété : quand on loue un bien meublé, on roule beaucoup plus qu'on ne le croit. Ces kilomètres ont un coût réel, et ils se déduisent — à deux conditions que l'on oublie souvent : être au régime réel, et utiliser le bon barème.
Le préalableSeul le régime réel permet de les déduire
Au micro-BIC, vous ne déduisez aucune charge : l'abattement forfaitaire est réputé couvrir l'ensemble de vos frais, carburant compris. Impossible d'y ajouter vos trajets. Au régime réel, en revanche, chaque dépense engagée pour l'activité se déduit de vos recettes avant impôt — y compris l'usage de votre véhicule personnel pour vous rendre sur le bien.
Quels trajetsTout déplacement motivé par la gestion du bien
Le critère est simple : le trajet doit exister parce que vous exercez l'activité de location. Sont typiquement concernés :
- les visites du bien avec de futurs locataires ;
- les états des lieux d'entrée et de sortie, la remise des clés ;
- les déplacements pour le ménage ou la gestion des séjours ;
- les allers-retours pour des travaux, un rendez-vous avec un artisan ou l'achat de fournitures d'entretien ;
- l'assemblée générale de copropriété, ou un rendez-vous chez l'expert-comptable ou l'assureur pour ce bien.
Le calculLe barème carburant, pas le barème kilométrique
Deux barèmes coexistent et il est facile de les confondre. Le barème kilométrique complet indemnise un kilomètre en tenant compte du carburant mais aussi de l'usure, de l'entretien et de l'assurance du véhicule. Le barème carburant, lui, n'évalue que le carburant consommé. Pour un véhicule personnel utilisé dans une activité de location meublée, LMNPilot retient le barème carburant, publié chaque année par l'administration fiscale.
Le taux au kilomètre dépend de deux paramètres : la puissance fiscale (les « CV » de la carte grise) et la motorisation (essence, diesel ou GPL). Le montant d'un trajet est simplement : kilomètres parcourus × taux au kilomètre.
Ce barème est révisé chaque année, parfois à la baisse : appliquez toujours celui de l'exercice concerné plutôt qu'un taux mémorisé d'une année précédente. Pour les véhicules électriques, l'administration ne publie pas de taux carburant dédié — voir la FAQ ci-dessous.
Deux traitements100 % déductible ou soumis au prorata d'usage personnel
Tous les trajets ne se traitent pas de la même manière, et c'est une nuance que l'on rate facilement :
- Les trajets liés à la commercialisation — ménage, gestion des séjours, remise des clés — sont déductibles à 100 %, comme la conciergerie ou le ménage lui-même. Ils n'existent que parce que vous louez.
- Les trajets mixtes — assemblée de copropriété, entretien général, travaux — suivent le prorata d'usage personnel de vos autres charges mixtes : si vous occupez le bien quelques semaines dans l'année, la part correspondante n'est pas déductible.
Ce prorata est expliqué en détail dans notre article sur l'occupation personnelle d'un bien loué en LMNP saisonnier.
Les justificatifsUn carnet tenu au fil de l'eau
Ces frais ne s'appuient pas sur une facture : c'est votre récapitulatif de trajets qui fait foi. Pour chaque déplacement, notez la date, le motif, les adresses de départ et d'arrivée si possible, et le nombre de kilomètres. Ajoutez une copie de la carte grise du véhicule, qui atteste de sa puissance fiscale et de sa motorisation, donc du taux appliqué. Reconstituer tout cela en fin d'année, de mémoire, est le meilleur moyen d'oublier des trajets — et d'avoir du mal à les défendre en cas de contrôle.
Un point de vigilance sur la distance elle-même : un kilométrage approximatif est contestable, alors qu'une distance mesurée sur l'itinéraire réel, conservée avec le trajet, l'est beaucoup moins.
Questions fréquentesCe qu'on nous demande le plus souvent
Non. Au micro-BIC, l'abattement forfaitaire est censé couvrir l'ensemble de vos frais, déplacements compris : aucune charge ne se déduit séparément. Seul le régime réel permet de passer vos trajets en charge.
LMNPilot applique le barème forfaitaire de frais de carburant (€/km selon la puissance fiscale et la motorisation du véhicule). Le barème kilométrique complet — qui intègre aussi l'usure, l'entretien et l'assurance du véhicule — n'est pas celui retenu pour un véhicule personnel en LMNP. Pour un cas particulier, faites valider ce choix par votre expert-comptable.
Le barème carburant publié par l'administration ne couvre que l'essence, le diesel et le GPL : il n'existe pas de taux officiel dédié à l'électrique. LMNPilot ne calcule donc aucun montant automatique dans ce cas — le traitement de vos frais de recharge est à voir avec votre expert-comptable.
Non. Seuls les déplacements motivés par la gestion du bien loué (visite, état des lieux, travaux, ménage, assemblée de copropriété…) sont déductibles. Un séjour personnel relève de l'usage personnel, pas de l'activité.
Un récapitulatif tenu au fil de l'eau : date, motif et kilomètres parcourus de chaque trajet, idéalement avec les adresses de départ et d'arrivée. Conservez aussi une copie de la carte grise du véhicule, que l'administration peut demander, et gardez le tout au moins 6 ans, comme le reste de votre comptabilité.
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